bayonneJ’ai passé quelques heures sublimes à Bayonne. Une ballade dans le quartier pédestre, près de la carhédrale. Ce grand sanctuaire qui veille sur les basques et les touristes Venus de partout dans le monde, depuis des siècles. Une longue, très longue, douche chaude à l’hôtel. Et quel hotel! Une villa bourgeoise transformée en gite touristique. Puis, la grasse matinée dans un grand lit, seul dans ma chambre pour la dernière fois.

Ce matin, je me rends tôt à la gare de train. Une marche le long de la rivière, à voir pêcher quelques vieux, à l’heure que la brume fond sous les premiers rayons de soleil.

backpackersÀ la gare, je reconnaître d’autres péllerins. Mes premiers confrères! Ils et elles se distinguent rapidement. Nous avons tous les mêmes chapeaux, chemises, pantalons, grands sacs lourds… De fait, la taille des sacs de certains me rassurent. Dans un cas, on dirait un sac qui porte une jeune femme. Seuls les jambes, qui débordent les contours du sac et se rendent jusqu’à terre, laisse entendre la présence d’un être humain sous les bagages.

Une femme, péllerine, veille sur deux adolescentes – touristes en fin de vacance – qui dorment par terre.

Je ricane avec une étrangère à cause d’une porte automatique qui ne cèsse de s’activer pour rien, comme si des fantômes passaient, inaperçus, parmis nous.

Puis, l’embarquement. Le petit train est plein à craquer. Tout le monde est souriant. Nous avons tous ce même regard rempli d’espoir, d’anticipation de trépidation aussi. Nous cheminons ensemble, vers l’aventure!

Camino_03Il est tard. Le lit est recouvert de petits sacs, que je tente de faire entrer dans un grand sac. Ce grand sac bleu, une fois rempli, deviendra mon fidèle copain de voyage et mon bourreau. Il me fera souffrir à chacun des inombrables pas que je prendrai, et m’offrira le peu de chaleur et de confort auxquels j’aurai droit sur ma route. Vide, il pèse 0.7 kg.

Tout ce que j’ai au monde pour m’aider sur mon parcours des 6 prochaines semaines se trouve sur ce lit devant moi. Et le lit n’est pas tout à fait recouvert. Je pourrais tout de même trouver une place pour faire une sieste. C’est peu de choses. 3 chemises, 2 pantalons, 3 paires de bas, une trousse de premier soins, un rouleau de duct tape. Peu de choses. On passe nos vies à accumuler, à acheter, à compliquer, mais la vie tiens à peu de choses.

Une fois remplie, le gros sac bleu pèse 12 kilos. C’est trop. Je recommence. Je retire tout ce qui n’est pas essentiel. 10 kilos. C’est encore beaucoup. Lourd. Faudra prévoir l’eau aussi. Ouff.

J’entends la plus jeune des enfants, en bas, qui tourne dans son lit et qui m’écoute faire mes valises. Elle et son frère entreront à l’école le jour du début de ma marche. Je me demande qui en apprendra le plus d’ici les prochains jours.