En résidence de création à Sudbury…

Il y a trois ans, je lançais mon dernier album et mon tout nouveau spectacle à Sudbury. Aujourd’hui, après plus de 25 représentations, une trentaine de demandes de subvention, et environ 10 000 km parcourus en tournée, je suis de retour à Sudbury pour un tout autre projet.

J’entame une résidence qui vise la création d’une nouvelle série de chansons…

J’amorce ma démarche par une recherche au Centre franco-ontarien de folklore, qui ont la gentillesse de m’accueillir et de m’appuyer (Merci!!!). Je connais de loin cet organisme depuis environ une vingtaine d’années. Je me souviens d’avoir rédigé une dissertation sur le Centre, et sur le travail de son fondateur – le père Germain Lemieux – alors que j’étais aux études de premier cycle.

À partir de 1947, le père Lemieux voyage de village en village, de maison en maison pour enregistrer des contes, légendes et chansons passées de génération en génération par les francophones de l’Ontario, du Manitoba, de la Gaspésie. Les legs de son travail (enregistrements, notations de chants, etc.) se trouvent au Centre franco-ontarien de folklore… m’en vais fouiller là-dedans.

Ce projet est né il y a environ un an. En jasant avec un ami enseignant, j’apprends que  ses élèves ne connaissent pas les chansons folkloriques traditionnelles… Ces mêmes chansons qui animaient les rassemblements communautaires de ma mémoire à Perkinsfield, Lafontaine et Penetang. Des chansons passées de génération en génération dans nos familles. Je m’interroge sur la chose… Je suis de la 11e génération de ma famille en Ontario… de la première génération d’hommes de ma famille qui savent lire et écrire notre langue maternelle… de la deuxième génération qui connaît l’anglais… Qu’en est-il de la 12e et de la 13e génération? Rares sont ceux qui arrivent à s’entretenir pendant plus que deux minutes avec moi, ou avec leurs parents, en français. Pas étonnant donc que le lien avec la tradition orale de nos aïeux se soit effrité… Puis, je me souviens du père Lemieux. Je me dis que sa vaste banque de contes, légendes et musiques traditionnelles serait une source riche d’inspiration et que je pourrai m’inspirer des thématiques d’autrefois pour écrire de nouvelles chansons…

Une petite recherche internet indique que le père Lemieux se serait rendu un peu partout dans le Nord de l’Ontario, dont près des camps de bucherons vers la fin des années ’40, souhaitant documenter un patrimoine qui était alors bien vivant. Je fais alors un lien personnel avec ce projet… À cette même époque, mon père – comme plusieurs jeunes de ma région – était monté dans le Nord pour travailler au bois l’hiver… serait-ce possible que leurs chemins se soient croisés? Est-ce qu’une des voix sur les vieilles bobines du père Lemieux me serait familière?

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