Par chez nous

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Ça fait drôle d’entreprendre l’écriture de cette série de textes par cette chanson. Bien qu’elle était la première pièce de mon premier album, elle était la dernière chanson écrite pour ce disque et une des dernières que nous avons enregistrée. De fait, c’était loin d’être ma première chanson ou même mon premier enregistrement…

À l’époque, je vivais une vague importante de nostalgie. Je venais d’entamer mes études à l’Université d’Ottawa. J’étais loin de ma famille et de mon village pour la première fois. Le jour de mon départ du foyer familial, on devait se lever très tôt afin de mieux faire la longue route entre Perkinsfield et Ottawa, qui mènerait vers ma nouvelle vie. Ce matin là, avant le départ, j’ai trouvé quelques instants pour me recueillir et pour penser à tout ce que je laisserais bientôt derrière moi. La brume se levait sur les champs. Deux décennies plus tard, je chérie encore le souvenir de ce moment de solitude et de réflexion. C’était la première germe de Par chez nous.

Je voulais que cette chanson rende hommage à la magie de la place où j’ai grandi. Aux lieux qui étaient sacrés à mes yeux : le village, la baie, etc. C’est une chanson terriblement naïve… je le reconnait ouvertement! Certaines des images me semblent encore belles, et réussissent à rendre la beauté de l’eau, notamment. Je connaissais alors les rythmes de cette place, et c’est une connexion qui m’habite encore. Je devine que plusieurs gens partagent aussi cette compréhension et cette affection profonde pour leur patelin.

Je l’avoue, j’ai un peu honte du refrain. La maladresse de ma première chanson identitaire m’étonne. Mais je demeure fier de ma tentative d’agencement de la poésie et de la musique. C’est une tentative de poème musical plutôt qu’une chanson au sens propre, il me semble. Fier aussi d’avoir documenté mon attachement à cet endroit qui me tient encore à cœur aujourd’hui, bien qu’il a beaucoup changé – et moi aussi – au fil des ans.

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